L'Abattage Rituel de Gorge Mastromas

Dennis Kelly

Création Théâtre de Poche

du 12 mars au 6 avril 2019

http://www.poche.be/

Théâtre de l'Ancre mai 2020

« Equitable ? Tu as dit équitable ? Tu es malade ou quoi ? L’équité c’est de la fiction. L’équité, c’est Dieu, c’est Allah, c’est Scorpion ascendant Lion, l’équité c’est des elfes et des farfadets, pourquoi tu me parles d’équité ? »

 

 

 

Une coproduction du Théâtre de Poche et de la Compagnie Entre Chiens et Loups

 

Durée du spectacle estimée 2h

 

 

C’est l’histoire d’un homme qui, au détour d’un accident de la vie, va totalement virer, à 180°, sur le chemin de l’amoralisme et du mensonge. Par loyauté à un credo qu’il se crée ce jour-là, selon lequel tout acte de bonté est lâcheté, il deviendra radicalement autre. Dorénavant, il restera aveuglement et tragiquement fidèle à son mantra, décliné en trois règles d’or, d’où découleront tous ses choix futurs :

« -quand tu veux quelque chose, prends-le ;

-la seule chose requise pour prendre ce que tu veux c’est ta volonté absolue et ta faculté de mentir ;

-ne pense jamais aux conséquences. Ne regrette jamais. »

 

 

 

 

 

Mise en scène Jasmina Douieb

 

Avec Yoann Blanc, France Bastoen, François Sikivie, Stephane Fenocchi, Manoel Dupont.

 

Scénographie et costumes Charly Kleinermann et Thibault Decoster.

 

Musiques et coaching vocal et rythmique Daphné D’Heur.

 

Assistanat : Sophie Jallet.

 

Lumières Philippe Catalano

 

 

La lecture d’une pièce de Dennis Kelly est toujours pour moi, un choc, une collision frontale, d’où jaillissent des questions qui se plantent dans ma conscience pour longtemps, longtemps. L’abattage rituel de Gorge Mastromasfut à nouveau comme un bain d’eau glacée. J’en suis sortie brûlante.

La question du bien et du mal traverse toutes les pièces de Kelly, sous beaucoup de formes, mais il y est toujours question, d’une manière ou d’une autre, de l’origine du mal. 

 

Comment a-t-il pu germer, et comment a pu se consumer toute étincelle de bonté en un homme ? Un homme qui a fait un jour un pacte avec lui-même, et qui a décidé d’y rester loyal, quoi qu’il advienne. 

 

Comment naissent les pactes que l’on fait avec soi-même, et comment la loyauté qu’on leur voue, parfois aveuglément, peut nous mener au plus profond des ténèbres ?

 

Dans ce conte faustien, grinçant et horrifique, un chœur nous donne à entendre le sacrifice de Gorge. Une mise à mort, un « abattage », rituel, parce que théâtral. Par son récit, ce chœur exécute un homme devant nous, moralement, tragiquement, après nous avoir raconté comment celui-ci a décidé un jour de vendre son humanité. 

 

Ce conte noir de l’amoralisme contemporain fait frissonner de dégoût et d’horreur, et rire de toutes nos dents acérées.