Terril Apache

Thierry Debroux

Création du Collectif Théâtre en coproduction avec le Manège de Mons

2009

Terril Apache de Thierry Debroux

Avec Vincent Lecuyer et Jean-Claude Derudder

Vidéos Thomas Van Zuylen

Manège. Mons Juillet 2009

 

Borinage, dans cette bonne petite ville de Wasmes… Un grand-père et son petit-fils. Entre eux, le fils de l’un, le père de l’autre, dont l’absence est aveuglante. C’est à l’occasion de son enterrement qu’ils se retrouvent.

Le père mort, c’est la génération qui les sépare, c’est le creux impossible à combler ou à franchir. C’est la génération sacrifiée de ceux qui n’ont pas trouvé le moyen de relever la tête après la fermeture des terrils. Une génération rendue muette, suintant l’alcool et la tristesse. Sur cette terre malade d’eux, dans ce pays en voie de disparition peuplé des derniers représentants d’une tribu vouée à disparaître,  toute une génération s’est assise et s’est mise à regarder la rue…

Le grand-père est enclavé au fond de son trou, tout juste capable de rêver à un ailleurs et de ressasser les regrets de promesses non tenues.

Le petit fils est parti faire des études de cinéma, pour échapper à la honte, la honte du père qui lui colle à la peau comme une glu. Il a rompu le fil de la résignation et du renoncement. Il sera Autre, définitivement. Et c’est le cinéma qui le sauvera.

 

C’est l’histoire de ce voyage, de ce retour vers le père, vers sa terre. L’histoire d’un long périple intérieur pour combattre, affronter sa honte. Il lui faudra alors sublimer ce monde qu’il voulait fuir en le regardant à travers le prisme de l’art. A travers sa caméra. Car, comme dit le grand-père, « avec une clarinette, on change pas l’monde, mais, moi, avec une clarinette, j’aurais changé ma vie ».

 

Ce texte sublime et cristallin, écrit par un bruxellois et mis en scène par une bruxelloise, raconte ce chemin parcouru pour rencontrer un monde devenu totalement étranger à ses descendants. Notre lien avec le borinage, notre fanal dans la nuit, ce sera Jean-Claude Derruder, originaire de Wasmes, et pour qui - par qui - a été écrite la pièce. La vision donnée des terrils est une vision étrangère avec en son cœur un borin et son histoire. Une projection de l’univers mental, de la lecture que le fils a de ce monde qu’il apprend à connaître et qui est pourtant le sien. Les ailes de ce papillon tout juste sorti de sa gangue de tourbe et de charbon, s’ouvriront sur une possible réconciliation.